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I.S.R. : «pupilles Isocores Symétriques et Réactives» est un pléonasme

Lorsque l’on examine une victime, le réflexe pupillaire fait souvent partie de l’évaluation de la fonction neurologique. L’intervenant recherche une anomalie dans la réactivité ou dans la symétrie des pupilles dans un but de diagnostic ou de surveillance.

La pupille est un orifice de la face antérieure de l’œil, au centre de l’iris et de la taille moyenne de 3 à 4 millimètres. Elle permet en se contractant ou en se dilatant, de choisir la quantité de lumière pénétrant dans l’œil, à la manière d’un diaphragme d’un appareil photo. La modification de la taille de la pupille se fait par une action réflexe photomoteur, mais elle peut également être modifiée par l’action du système nerveux sympathique ou parasympathique. Lorsque vous voyez une araignée sur le mur ou un serpent sur votre terrasse, votre système nerveux sympathique (qui vous prépare à la lutte ou à la fuite) va alors dilater la pupille.

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Cette réponse aux différentes fibres du système nerveux permet de comprendre également pourquoi dans le cadre de certaines intoxications, l’évaluation des pupilles va permettre de nous donner une indication sur l’agent causal. Lorsque la substance (médicamenteuse ou toxique) a une action sur le système nerveux parasympathique (comme les morphiniques et ses dérivés, la méthadone ou l’héroïne…) les pupilles seront plus petites (myosis). A l’inverse, lorsque la substance stimule le système nerveux sympathique (adrénaline, atropine, cocaïne…), les pupilles seront plus grandes (mydriase).

Le lien étroit entre les pupilles et les réseaux nerveux permettent également le lien de cause à effet entre le réflexe pupillaire et une lésion cérébrale (traumatique ou non). Une asymétrie pupillaire lors de l’examen (anisocorie), associé à un tableau clinique unilatéral (comme une hémiplégie, par exemple) doit faire penser à une lésion cérébrale. A l’extrême, une mydriase bilatérale sans réaction à la lumière de manière prolongée est signe d’une mort cérébrale. A noter également que le réflexe pupillaire ne fait pas partie de la cotation du score de Glasgow.

Pour évaluer le réflexe pupillaire, dans des conditions normales de luminosité, il est nécessaire de fermer la paupière quelques secondes avant de la rouvrir pour y projeter un léger faisceau lumineux. Physiologiquement, les pupilles sont de taille intermédiaires et symétriques et réactives à la lumière (I.S.R.). Si lors de l’ouverture de la paupière la pupille est de petite taille et ne se contracte pas, elle est considérée en myosis. A l’inverse, si la pupille est de grande taille et ne se contracte pas, elle est considérée en mydriase.

Lors de l’examen des pupilles, il doit y avoir une symétrie dans la réponse des pupilles. Le terme «isocore», du fait de son préfixe iso : même, égal… signifie que les deux pupilles ont la même réponse, il est donc inutile de rajouter le mot «symétrique».

Sources  de l'article :
https://www.vulgaris-medical.com/encyclopedie-medicale/pupille
https://www.infirmiers.com/etudiants-en-ifsi/cours/cours-soins-infirmiers-evaluation-des-reflexes-pupillaires-du-reflexe-corneen-et-du-reflexe-ciliaire.html

Source image : F. NETTER - Atlas d'anatomie humaine - Ed. ELSEVIER MASSON

Date de dernière mise à jour : 06/06/2022