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La demi-vie du monoxyde de carbone est de 4 heures en air ambiant

Article extrait du bulletin N°16 - Le monoxyde de carbone

Le monoxyde de carbone (CO) est une molécule composée d’un atome de carbone (C) et d’un atome d’oxygène (O). Ce gaz est incolore et inodore avec une densité proche de celle de l’air. Il est toxique et résulte de la combustion incomplète de toute substance qui contient un atome de carbone : le bois, les dérivés du pétrole – le butane et le propane (vendus en bouteilles), le méthane (le gaz de ville), l’essence et le diesel (des moteurs thermiques, dont les voitures et les poids lourds sont les plus représentatifs) – et par extension le gaz naturel et le charbon. La nicotine est elle aussi concernée et directement inhalée.

L’exposition de l’organisme au monoxyde de carbone notamment son inhalation, entraine de manière inévitable des conséquences sur l’organisme. Ces conséquences, sont proportionnelles à la durée et à l’intensité de l’exposition. Le monoxyde de carbone est transporté dans les tissus par l’hémoglobine. Celle-ci présente avec le monoxyde de carbone une affinité environ 230 fois supérieure qu’avec l’oxygène. Cliniquement, les signes sont classiquement neurologiques et cardiovasculaires, mais ils résultent de plusieurs mécanismes :

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  • Hypoxie tissulaire : l’oxygène n’est plus transporté par l’hémoglobine et n’arrive plus dans les tissus.
  • Toxicité cellulaire : le peu d’oxygène véhiculé par le sang a également du mal à se libérer pour être utilisé par les enzymes respiratoires, notamment la myoglobine et les cytochromes. Cette microcirculation cellulaire subit alors une histotoxicité par inflammation secondaire pouvant conduire à l’apoptose (mort cellulaire).

Le taux de monoxyde de carbone décroit dès que la personne est soustraite de la source. Sa demi-vie (ce qui signifie que son taux dans le sang diminue de moitié) est de 4 heures en air ambiant, 90 minutes sous oxygène normobare et 25 min sous oxygène hyperbare. Mais un taux dans la norme avec un délai supérieur à 4h ne permet pas d’exclure une intoxication, ni d’indiquer le degré de souffrance tissulaire dû à l’hypoxie.

Pour traiter une intoxication au monoxyde de carbone, une oxygénothérapie à haute concentration doit être débutée au plus tôt, si possible sur les lieux, afin de rétablir le plus précocement possible une oxygénation tissulaire. En fonction du degré d’intoxication, la ventilation peut être spontanée (masque H.C.), mécanique (V.N.I.) ou hyperbare avec une indication de caisson. C’est le cas des femmes enceintes et des patients avec une atteinte neurologique grave.

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Sources de l'article :
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https://roswell-nm.gov/ - https://shepwayvox.org/ - https://www.chemistryworld.com

Date de dernière mise à jour : 13/12/2021